L’accueil des animaux abandonnés en France repose quasi intégralement sur le secteur associatif. Malgré un engagement fort des équipes, les capacités d’accueil atteignent leurs limites. En 2025, les structures répondantes ont dû refuser plus de 45 000 chats et 39 000 chiens faute de place, indique la SPA. Une situation qui fragilise aussi les équipes. D’après l’étude, 8 structures sur 10 (78%) s’inquiètent pour leur avenir, face au manque de moyens et de familles d’accueil.
"La SPA, comme toutes les associations de protection animale, ne peut pas continuer d'absorber seule cette souffrance animale." souligne Jacques Gauchy, président de la SPA

Avec 72 % des prises en charge, les chats restent de loin les animaux les plus accueillis par les structures. Une situation largement alimentée par l’errance et le manque de stérilisation. Ainsi, un chat sur deux accueilli a moins de six mois, un chiffre qui témoigne de l’ampleur des naissances non désirées et de la pression qu’elles font peser sur les associations.
Du côté des chiens, certaines races et catégories sont particulièrement représentées dans les refuges. Les molosses (23 %) et les malinois (19 %) concentrent à eux seuls une part importante des prises en charge et rencontrent davantage de difficultés à être adoptés.
En cause notamment : les préjugés qui entourent encore ces chiens et, pour certains d’entre eux, des contraintes réglementaires spécifiques. Autant de freins à l’adoption qui peuvent prolonger leur séjour en refuge, alors que les structures font déjà face à un manque de places.

Pour la première fois, l’étude permet de mesurer l’ampleur du phénomène, indiquent la SPA et la Fondation Affinity. Chez les chats, 71 % des animaux abandonnés directement auprès d’une association ne sont pas stérilisés. Cette proportion grimpe à 93 % pour ceux provenant de fourrière. Chez les chiens, les chiffres sont également élevés : respectivement 75 % et 85 %.
Face à ce constat, la SPA et la Fondation Affinity appellent à renforcer les actions de prévention, en particulier la stérilisation. L’objectif : agir davantage en amont pour limiter les abandons et les prises en charge, plutôt que de concentrer les efforts sur la gestion de l’urgence.
Nouveauté de cette édition : l'étude s'est aussi penchée sur les programmes de capture, stérilisation et relâche des chats errants, menés par de nombreuses associations pour limiter les naissances non désirées.
Ce travail est jugé essentiel, mais il repose presque uniquement sur les structures elles-mêmes. Faute de moyens, 78 % ont même dû réduire une partie de ces actions.
👉 Seconde édition de l'étude nationale sur l'abandon des chats et des chiens : Je souhaite lire l'étude