Environnement
Après l’incendie, laisser faire la nature : le parti pris de l’Association Etats Sauvages
Cet été 2026 restera comme l'un des plus marquants pour les forêts françaises. À Fontainebleau, où le feu a parcouru près de 2 000 hectares au mois de juillet, comme dans les Landes, les Pyrénées-Orientales ou la Drôme (97000 hectares au total), les incendies ont laissé derrière eux des paysages profondément marqués. L’Association États Sauvages se mobilise pour accompagner les forêts après le passage du feu, en défendant une approche singulière dans son projet “ Après l’incendie “ : celle de la régénération naturelle.
September 15, 2026
Rédigé par
Victoire Lambert

Une forêt brûlée n'est pas une forêt morte

Un paysage de troncs noircis donne facilement l'impression que toute vie a disparu. Mais sous la cendre, le sol reste souvent bien vivant : champignons, micro-organismes et insectes sont toujours là, invisibles mais actifs. Certains arbres survivent au passage du feu, notamment lorsqu'ils ont une écorce capable d’absorber la chaleur.

Petit à petit, des végétaux réapparaissent, puis rapidement de jeunes arbres à partir des graines stockées dans le sol ou disséminées par les animaux, le vent ou l’eau. La forêt entame alors sa propre reconstruction : c'est ce que l'on appelle la régénération naturelle. Avant de se précipiter pour replanter, il est donc utile de commencer par observer ce que la nature est encore capable de faire par elle-même.

C'est précisément l'approche de l’association États Sauvages, qui souhaite protéger certaines parcelles brûlées pour les laisser en libre évolution, lorsque les conditions le permettent:

" Les premières forêts ont plus de 300 000 millions d’années, tandis que l’espèce Homosapiens n'existe que depuis 300 000 ans sur la planète” réagit Julie de St Blanquat, présidente fondatrice de l’association.
©États Sauvages

Protéger les fôrets

Les incendies de 2026 ont montré à quel point il était nécessaire de se mobiliser pour les forêts. Mais une fois les flammes éteintes le travail ne fait que commencer : c'est dans les mois et les années qui suivent que se joue vraiment la renaissance de cet écosystème.

Lancé début août, le programme « Après l’incendie » de l’Association États Sauvages identifie des parcelles incendiées où laisser la nature reprendre ses droits apparaît comme la meilleure option pour préserver les équilibres écologiques. Leur évolution sera ensuite suivie scientifiquement au fil du temps.

" Face à la multiplication des incendies sur notre territoire et aux interventions rapides qui suivent souvent le passage du feu, États Sauvages s'est interrogée sur la place à donner aux dynamiques naturelles dans l'avenir des forêts incendiées. De cette réflexion est né “Après l'incendie” : un projet pour identifier et protéger des forêts brûlées, afin de préserver leur capacité de régénération naturelle et de mieux comprendre leur résilience" témoigne Julie de St Blanquat, présidente fondatrice de l’association.

Créée en 2019, l’association a déjà sanctuarisé 75 hectares de forêts dans 8 départements français.

 

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