C’est une avancée significative pour l’accès aux services essentiels dans les villages isolés. La première barge hydrolienne fabriquée localement vient d’être mise en service à Kibangou (sud-ouest du Congo) et alimente désormais en continu l’Unité de Services Essentiels (USE) du village, bâtie un an auparavant.
💡 Une Unité de Services Essentiels (USE) est une infrastructure conçue pour regrouper plusieurs services de base nécessaires à la vie quotidienne dans une zone rurale ou isolée, souvent là où l’accès aux équipements publics est limité.
En fournissant 5 à 8 kW 24 h/24,la barge hydrolienne apporte son lot de bénéfices concrets au quotidien. Elle permet notamment de potabiliser 5 000 litres d’eau par jour, d’alimenter les congélateurs utilisés pour la pêche locale et 4 moulins utiles à la production du foufou (farine de manioc), de la chikwangue (pain de manioc), de la pâte d’arachide et de l’alimentation propre au bétail. L’énergie produite permet également de recharger les téléphones et lampes des habitants du village.

Dans les prochains mois, d’autres services viendront compléter l’offre de l’USE du village, désormais autonome énergétiquement : une activité de boulangerie, de conserverie, des ateliers de couture et de mécanique et des formations professionnelles à destination des jeunes et des femmes du village.
Ce projet emblématique a été réalisé par l’association congolaise Pot@maï-242, avec l’assistance technique de Pot@maï, une association spécialisée dans l’autonomisation énergétique des zones rurales isolées grâce aux énergies renouvelables et au renforcement des compétences locales. Il a mobilisé 25 techniciens et apprentis congolais, dont plus de la moitié ont moins de 35 ans.

L’hydrolienne a été construite au Congo, par des mécaniciens, soudeurs, et techniciens multifonctions, sur les plans de L'Aquaphile (société française) et sous la supervision de l’association Pot@maï. Elle a été installée avec l’engagement total du village, illustré par la mise à l’eau manuelle de la barge avec palan et force humaine (voir la vidéo de la mise à l'eau).
Le projet illustre la capacité des communautés locales à s’approprier les technologies renouvelables. En quelques mois, un pêcheur peut devenir « technicien hydrolienne », détecter les pannes et assurer les réparations avec l’aide d’un mécanicien ou d’un soudeur.
"Cette hydrolienne est plus qu'un projet technique : elle devient un outil de transformation sociale et économique pour plusieurs villages et un exemple à suivre pour d’autres communautés isolées », souligne l’équipe de Pot@maï.
Après un 1er prototype en 2019 et la mise en service de la barge hydrolienne de Kibangou, Pot@maï souhaite répliquer ce modèle sur l’ensemble du territoire congolais pour renforcer l’autonomie énergétique des villages et d’améliorer durablement le quotidien des populations rurales. L’association prévoit la mise en service de 2 USE par an dès cette année, et 4USE par an à partir de 2029.
L’objectif est de renforcer l’autonomie énergétique des villages et d’améliorer durablement le quotidien des populations rurales.