"En proposant une perspective anniversaire sur 25 ans, RSF ne se contente pas de regarder dans le rétroviseur, l’organisation interpelle frontalement l’avenir en posant une question simple – jusqu’à quand allons-nous tolérer l’asphyxie du journalisme, l’entrave systématique des journalistes et l’érosion continue de la liberté de la presse ?" interpelle Anne Bocandé, directrice éditoriale de RSF
Depuis plus de 20ans, l’ONG Reporters sans frontières (RSF) documente l’évolution de la liberté de la presse dans le monde à travers son classement mondial de la liberté de la presse.
Devenu une référence internationale, cet outil permet de mieux comprendre la diversité des atteintes à la liberté de la presse, et les bouleversements structurels d’une époque. Pour la première fois depuis sa création, le Classement mondial de la liberté de la presse 2026, publié le 30 avril 2026, indique que plus de la moitié des pays du monde sont en situation “difficile” ou “très grave”.
En 25 ans, le score moyen de l’ensemble des pays étudiés n’a jamais été aussi bas. Le développement d’un arsenal législatif de plus en plus restrictif, notamment lié aux politiques de sécurité nationale, vient, depuis 2001, éroder le droit à l’information, jusque dans les démocraties, alerte l’ONG.
Signe d’une criminalisation croissante du journalisme, l’indicateur légal est celui qui baisse le plus cette année. Sur ce critère, les Amériques connaissent une évolution significative, perdant sept places tandis que plusieurs pays d’Amérique latine plongent dans la spirale de la violence et de la répression.
"La liberté de la presse se dégrade et la carte s’assombrit. Les journalistes sont toujours tués ou emprisonnés en raison de leur travail, mais les tactiques de prédation de la liberté de la presse muent : c’est aussi le journalisme qui se meurt, asphyxié par une parole politique hostile aux reporters, fragilisé par une économie des médias en berne et pressurisé par l’instrumentalisation de lois contre la presse. » témoigne l’ONG
À ces violences s’ajoutent des pressions politiques directes exercées sur les médias et les journalistes. Arrestations arbitraires, poursuites judiciaires abusives ou censures font partie des outils utilisés dans certains pays pour limiter la liberté d’informer et contrôler le traitement de l’actualité.
Depuis le 1er janvier, l’ONG recense 10 journalistes tués,21 otages, 475 détenus, et 135 disparus.