Société
Cause animale
« Produits responsables », « élevage respectueux des animaux » : l’association L214 dénonce la réalité d’un élevage intensif
Ce sont des images que l’on ne voudrait plus jamais voir. L’association de défense animale L214 révèle aujourd’hui en primeur sur Lilo les résultats d’une nouvelle enquête sur un élevage de cailles situé en Vendée, qui représenterait à lui seul 7 % de la production annuelle d’œufs de cailles de table en France. L’association annonce porter plainte pour mauvais traitements sur animaux et pratiques commerciales trompeuses.
February 19, 2026
Rédigé par
Hélène Lecomte

D’un côté : les images de cailles déplumées vivant dans une grande promiscuité, sans accès à l’extérieur et un sol entièrement grillagé jonché de cadavres. De l’autre, des emballages marketing qui indiquent « Cailles libres de voler », « densité très fortement réduite » et le logo d’une filière qualité garantissant des produits« bons et responsables ». L’association L214 révèle, dans une nouvelle enquête édifiante, l’écart abyssal entre la communication marketing d’une filière Qualité et la réalité d’un élevage intensif de cailles, en Vendée.  

Chaque caille dispose de la surface d'un smartphone

Le bâtiment d’élevage concerné abriterait 95 000 cailles, toutes vivantes en permanence sur un sol grillagé et dans un environnement insalubre (œufs cassés, poussière, cadavres en décomposition).

Selon L214, chaque caille disposerait d’une surface moyenne équivalente à celle d’un smartphone. Toutes seraient déplumées et plusieurs milliers y mourraient chaque année, toujours d’après l’association.

Parmi elles, 30 000 cailles pondeuses seraient élevées dans deux volières installées dans le bâtiment, de 200m² chacune. Elles y pondraient pendant 10 mois, avant d’être envoyées à l’abattoir. Après 2 mois de vide sanitaire, les volières seraient à nouveau remplies d'oiseaux. Les 65 000 cailles reproductrices (mâles et femelles) seraient enfermées en cage pendant 6 mois avant d’être tuées à l’abattoir.  

Au total, l’association relève 9 manquements à l’article L 215-11 du code rural pêche maritime, qui punit d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende les mauvais traitements infligés à des animaux par un professionnel. L’association annonce porter plainte contre l’élevage auprès de la procureure du tribunal judiciaire des Sables-d’Olonne.

Pour Bérénice Riaux, chargée des enquêtes de L214 :

"En France, l’élevage intensif prédomine : 8 animaux d’élevage sur 10 n’ont pas accès à l’extérieur. Pour répondre aux 83 % de Français favorables à l’interdiction de l’élevage intensif, des mentions rassurantes fleurissent sur les packaging, notamment pour la Filière Qualité Carrefour. Nos enquêtes démontrent que ces engagements sont largement trompeurs. Les animaux ne sont pas mieux traités que dans d’autres élevages intensifs. »

Les produits Filière Qualité Carrefour pointés du doigt par L214

Cet élevage de cailles fournirait la Filière Qualité Carrefour, une gamme de produits censée garantir aux consommateurs un cahier des charges « mieux-disant » en matière de traçabilité et de bien-être animal, bien qu’il ne s’agisse pas d’un label officiel (type Label Rouge, Bio ou AOP).

L214 indique porter plainte contre Carrefour pour pratiques commerciales trompeuses. D’après l'association, d’autres élevages issus de la filière seraient concernés.

"Depuis novembre dernier, L214 a pu se procurer des preuves vidéo de deux autres élevages fournissant la marque Filière Qualité Carrefour. Il s’avère que les pratiques de production ne correspondent pas aux mentions valorisées par la Filière Qualité Carrefour. » indique L214

L’association pointe ainsi le cas d’un élevage de cochons dans les Côtes-d’Amor, au sein duquel les animaux seraient enfermés en permanence (lire l’enquête).

"Les animaux vivent sans accès à l’extérieur, dans une grande promiscuité, la plupart sur un sol bétonné. Les truies pour la reproduction sont enfermées la moitié de leur vie dans des cages quine leur permettent même pas de se retourner. Des porcelets chétifs sont tués par claquage. » indique encore l’association

L’autre élevage pointé du doigt par L214, de lapins cette fois, dresse une situation tout aussi alarmante : les animaux seraient enfermés dans des cages métalliques, sans aucun aménagement. (lire l’enquête)

L214 appelle les professionnels à se détourner de l'élevage intensif

L214 demande à Carrefour de s’engager dans le Plant Protein Pact, qui appelle les entreprises à se détourner de l’élevage intensif en réduisant de moitié le nombre d’animaux tués pour approvisionner leurs rayons. 

Cette demande s’accompagne de mesures concrètes, comme l’arrêt de la publicité et des promotions sur les produits issus de l’élevage intensif ou la proposition d’alternatives végétales, dont au moins une serait moins chère que l’équivalent carné.

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