Cause animale
Une baleine franche retrouvée morte, victime d’un enchevêtrement dans des engins de pêche
Le 27 janvier, une baleine noire de l’Atlantique Nord a été retrouvée morte dans les eaux américaines, enchevêtrée un dispositif de pêche. Sa mort ravive les inquiétudes autour de la survie de l’une des espèces marines les plus menacées au monde. L’animal faisait partie des 380 baleines franches de l’Atlantique Nord encore en vie, dont moins de 70 femelles reproductrices, alerte le Fonds international pour la protection des animaux (IFA
February 2, 2026
Rédigé par
Hélène Lecomte
"Aujourd'hui, nous ne pleurons pas seulement la mort d’une baleine, mais aussi l’échec collectif à protéger l’un des animaux les plus menacés de la planète », a déclaré Brian Sharp, directeur du sauvetage des mammifères marins chez IFAW.

Selon les premières informations communiquées par la National Oceanic and Atmospheric Administration, la baleine était empêtrée dans un dispositif de pêche, une cause de mortalité récurrente pour cette espèce. Des équipes spécialisées ont tenté pendant plusieurs mois de sauver l’animal, sans succès.

Une espèce au bord de l'exctinction

Les baleines franches de l’Atlantique Nord, également appelées baleines noires, subissent depuis des décennies une pression intense liée aux activités humaines. Les deux principales menaces identifiées sont l’enchevêtrement dans les engins de pêche et les collisions avec les navires.

"Chaque baleine noire joue un rôle irremplaçable dans la survie de l’espèce et dans l’équilibre de l’écosystème marin », souligne Kathleen Collins, chargée de campagnes conservation marine chez IFAW. « La science montre que, depuis des décennies, le nombre de morts et de blessures graves dépasse largement celui des naissances. Sans une réduction urgente de ces impacts d’origine humaine, nous risquons de perdre cette espèce emblématique à jamais. » déclare Kathleen Collins, chargée de campagnes conservation marine chez IFAW.
La baleine décédée, flottant à environ 25 milles nautiques au large d’Avon, en Caroline du Nord, le 27 janvier 2026. Seule une partie de la carcasse subsiste en raison d’un charronagne actif par des requins, dont plusieurs sont visibles autour de la baleine. ©Clearwater Marine Aquarium Research Institut

Des solutions connues, mais insuffisamment mises en oeuvre

Face à cette situation critique, IFAW appelle les autorités fédérales et internationales à renforcer et appliquer pleinement les mesures de protection existantes.

L’organisation plaide notamment pour l’adoption de pratiques de pêche plus sûres, la suppression progressive des engins fixes dangereux et un investissement accru dans les technologies de pêche dites « à la demande »,qui permettent de réduire les risques d’enchevêtrement.

"Le sauvetage, à lui seul, ne suffit pas », insiste Brian Sharp. « Pour protéger les individus comme l’espèce, nous devons empêcher les empêtrements avant qu’ils ne se produisent. Les solutions existent. Il ne manque que la volonté de les mettre en œuvre. Chaque retard coûte des vies. »

Des protections menacées aux États-Unis

Alors même que des actions plus ambitieuses sont jugées urgentes, certaines propositions visent actuellement à affaiblir la Marine Mammal Protection Act (MMPA), une loi américaine clé pour la protection des mammifères marins, alerte IFAW. Ces initiatives pourraient réduire la portée des protections existantes et compromettre les efforts de conservation fondés sur la science.

"L’enchevêtrement est un problème complexe et transfrontalier. Il est essentiel que le Canada et les États-Unis renforcent leur coopération, soutiennent les nouvelles technologies et garantissent un avenir à ces baleines." alerte Sheryl Fink, directrice des campagnes chez IFAW Canada.

©Florida Fish and Wildlife Conservation Commission

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