Sur la plage d’Agay, deux nids de tortues caouannes, installés à quelques mètres l’un de l’autre, étaient suivis de près. Le premier avait commencé à donner naissance à ses petits le 9 août. Après plusieurs jours sans nouvelle émergence, les équipes s’apprêtaient à contrôler le nid pour vérifier si des tortillons étaient encore présents sous le sable.
Mais ce qui devait être un simple contrôle a rapidement pris une autre tournure. Un violent orage s’est abattu sur Agay, provoquant d’importants ruissellements sur la plage et faisant craindre le pire pour les deux nids.

En quelques instants, les eaux de ruissellement se sont dirigées vers les deux nids. Le risque est alors devenu très concret : si l’eau atteignait le fond des nids, les petites tortues encore présentes pouvaient se retrouver piégées et se noyer. Les équipes ont alors décidé d’ouvrir le premier nid afin de libérer les tortillons encore vivants. Quelques instants plus tard, ces derniers ont rejoint la mer, disparaissant un à un dans les vagues.
Mais l’intervention était loin d’être terminée. À quelques mètres de là, le deuxième nid risquait lui aussi d’être gagné par les eaux. Les équipes ont donc effectué un sondage pour vérifier jusqu’où l’eau était montée dans le sable. Le constat était inquiétant : à seulement 35 centimètres de profondeur, elle était déjà présente.
Le deuxième nid abritait pourtant encore des tortillons. Plusieurs émergences naturelles avaient été observées la nuit précédente, signe que certaines tortues avaient déjà quitté le nid, tandis que d’autres pouvaient encore s’y trouver.
Face au risque d’inondation, les équipes ont dû intervenir une nouvelle fois. L’ouverture du nid a permis de sauver près d’une quarantaine de tortillons, qui ont ensuite pu rejoindre la Méditerranée.
Au terme de cette soirée mouvementée, le bilan est heureux : près de 140 petites tortues ont rejoint la mer.
Cette intervention rappelle aussi que les premières émergences ne marquent pas forcément la fin de l’incubation. Des tortillons peuvent encore rester plusieurs jours dans le nid, tandis qu’un épisode météo violent peut rapidement mettre leur vie en danger.