Chaque soir, dans le sud de la Bourgogne, la même scène : des bénévoles du Pôle Grands Prédateurs remplissent des bonbonnes d'eau avant de prendre la direction de secteurs naturels durement touchés par la sécheresse. Leur objectif : permettre aux animaux sauvages de s'hydrater alors que certains cours d'eau, habituellement fréquentés par la faune locale, sont désormais complètement asséchés.
La situation observée par l'association est loin d'être un cas isolé. Partout en France, la multiplication des vagues de chaleur et le déficit de précipitations fragilisent les écosystèmes. À mesure que les points d'eau disparaissent, la faune sauvage doit parcourir de plus grandes distances pour s'abreuver, au risque de s'épuiser davantage dans des conditions déjà extrêmes.
« Ce que nous voyons actuellement dans la nature est catastrophique », alerte le Pôle Grands Prédateurs. Sur certains secteurs du Mâconnais, les températures atteignent jusqu'à 43°C l'après-midi. Des cours d'eau habituellement fréquentés par la faune locale, comme le Fil à Berzé-la-Ville (photo) ou la Petite Grosne dans le secteur de Prissé, sont aujourd'hui à sec.

"Dimanche, j’y ai encore vu un jeune renard, gueule ouverte, haletant, qui souffrait manifestement de la chaleur comme du manque d'eau. Voir ce type d’espèces en journée, au mépris d’autres dangers, est révélateur de la situation hors-norme que nous vivons. » résume Mickaël Paul, co-président du Pôle Grands Prédateurs.
En cette période, oiseaux, mammifères, reptiles et insectes doivent parcourir de plus grandes distances pour trouver de l'eau, au prix d'une dépense énergétique supplémentaire alors même qu'ils sont déjà affaiblis par la chaleur. Les animaux les plus vulnérables, notamment les jeunes nés au printemps, sont particulièrement exposés. Au sein des centres de soins, qui recueillent les animaux, la situation est devenue critique, indique Mickaël Paul.
Contrairement aux incendies de forêt, spectaculaires et largement médiatisés, les effets de la sécheresse sur la biodiversité passent souvent sous les radars. Pourtant, ils sont tout aussi réels.
Pour les associations de terrain, la solidarité ne doit pas s'arrêter aux humains. « Si chacun agit à son échelle, avec ses propres moyens et sans se mettre en danger, nous pouvons aider la nature à traverser cette période difficile », résume Mickaël Paul
Face à cette situation, Mickaël Paul a transmis à Lilo les gestes que chacun peut accomplir depuis son jardin, son balcon ou lors de ses promenades. Nous les reproduisons ci-dessous :
1. nstaller un point d'eau à l'ombre et renouveler l'eau régulièrement.
2. Ajouter quelques pierres, branches ou morceaux de bois pour permettre aux petits animaux et aux insectes de ressortir facilement (risques de noyade)
3. Placer les abreuvoirs en hauteur lorsqu'ils sont destinés aux oiseaux afin de limiter les risques de prédation.
4. Préserver des zones d'ombre et de fraîcheur dans son jardin.
5. Laisser une partie de la végétation pousser naturellement plutôt que de tondre systématiquement à ras.
1. Rester sur les sentiers balisés.
2. Tenir les chiens en laisse afin d'éviter le dérangement de la faune déjà affaiblie.
3. Éviter de pénétrer dans les zones ombragées utilisées comme refuges par les animaux.
4. Faire preuve d'une vigilance absolue pour prévenir tout départ de feu.
La canicule finira par passer. Mais les défis auxquels la biodiversité est confrontée, eux, risquent de s'installer durablement. Chaque geste compte pour aider la nature à traverser l'été.