Protéger la faune ne constitue pas seulement un enjeu de biodiversité : c'est aussi un levier pour renforcer la résilience des écosystèmes et lutter contre le changement climatique. Cette idée, qui peut à première vue sembler relever du bon sens, bénéficie désormais d'un soutien scientifique sans précédent.
Présenté hier lors de la 64e session des organes subsidiaires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le « Consensus scientifique sur la faune sauvage et le climat » a été approuvé par 287 experts issus de six continents.
C'est la première fois que des spécialistes du climat, de la conservation et du bien-être animal s'accordent sur une position commune concernant le rôle des animaux sauvages dans les équilibres climatiques.
Dans leurs habitats naturels, les animaux sauvages contribuent au bon fonctionnement des écosystèmes et peuvent ainsi jouer un rôle important dans la régulation du climat.
Certains participent notamment au stockage du carbone : les poissons des grands fonds favorisent son transfert vers les profondeurs océaniques, les éléphants de forêt disséminent les graines d'arbres particulièrement riches en carbone, tandis que les bisons stimulent la croissance de la végétation et le recyclage des nutriments grâce à leur pâturage.
Si cette contribution a déjà été reconnue dans certains cadres internationaux, notamment par la Convention sur la diversité biologique, la Convention sur la conservation des espèces migratrices ou encore l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), elle demeure encore peu prise en compte dans les politiques climatiques. Les auteurs du consensus espèrent ainsi combler cet angle mort en faisant de la protection de la faune sauvage un élément à part entière des stratégies de lutte contre le changement climatique.
En marge du consensus, un site internet dédié à la faune sauvage et au climat a été lancé afin d’illustrer les multiples façons dont les animaux sauvages peuvent contribuer à la lutte contre la crise climatique et rendre les connaissances scientifiques plus accessibles pour orienter les politiques publiques. Il a également pour vocation de permettre aux chercheurs et universitaires du monde entier de rejoindre les 287 premiers signataires du consensus et d'en étendre ainsi la portée.
