Société
Liberté de la presse : RSF publie sa liste 2026 des « prédateurs »
À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, le 2 novembre, Reporters sans frontières (RSF) dévoile les portraits de 33 dirigeants, organisations et entreprises qu’elle accuse d’avoir porté atteinte à la liberté de la presse au cours de l’année 2026.
November 2, 2026
Rédigé par
Hélène Lecomte

Des noms plutôt que des pays

Ce sont des chefs d’État, des groupes armés, des géants du numérique, des milliardaires ou des sites militants : la galerie des « prédateurs de la liberté de la presse », tels que les désigne RSF, réunit des acteurs aux profils très différents. 

Leur point commun, selon l’ONG : chercher à faire taire les voix indépendantes, par des moyens qui vont de l’assassinat à l’emprisonnement, en passant par les campagnes de haine, les procédures judiciaires ou la pression financière.

Conçue comme le pendant du Classement mondial de la liberté de la presse publié chaque année par l’organisation, cette liste ne note pas des pays mais désigne des responsables. Les 33 noms sont répartis en cinq catégories reprenant les indicateurs du Classement : politique, sécuritaire, légal, économique et social.

Chaque prédateur fait l’objet d’une fiche détaillant son profil, son discours et ce que l’ONG appelle son « arme fatale ». L’organisation revendique une approche « subjective » et un ton volontairement ironique. 

« La liste des prédateurs, c’est un peu les Razzie Awards de RSF, un couronnement du pire de ce qui est tenté et attenté contre la presse. » indique le directeur général de RSF, Thibaut Bruttin.

Donald Trump parmi les nouveaux entrants

C’est la grande nouveauté de cette édition : Donald Trump entre dans la catégorie « politique ». Une entrée que l’ONG accompagne d’un clip de campagne – digne d’un vrai film d’épouvante. 

RSF accuse le président des États-Unis – pays qui occupe la 64e place du Classement mondial de RSF en 2026 – de vouloir réduire le journalisme à de la communication politique, avec des attaques qui, selon l’ONG, ne se limitent plus aux mots et vont jusqu’à des restrictions physiques imposées aux journalistes. Le président américain rejoint ainsi des habitués de la liste : Vladimir Poutine, Alexandre Loukachenko, Ilham Aliyev ou encore le couple Ortega-Murillo au Nicaragua. 

Pressions économiques et campagnes en ligne

Les critères de sélection ne s’arrêtent pas à la sécurité des journalistes. 

Dans la catégorie « économique », RSF vise aussi bien des géants du numérique, Alphabet et Meta, que des milliardaires comme Bidzina Ivanichvili en Géorgie et Vincent Bolloré en France, ou encore des responsables politiques ou des proches de ceux-ci, du Russe Vladimir Tabak au président kényan William Ruto. Par des stratégies diverses, tous fragiliseraient, selon l’ONG, le financement et l’indépendance éditoriale des médias.

Enfin, la catégorie « sociale » de cette galerie rassemble des acteurs que l’ONG accuse d’attiser l’hostilité du public envers les journalistes, souvent à coups de campagnes numériques.  

Elon Musk y côtoie le président argentin Javier Milei, le Premier ministre slovaque Robert Fico et la directrice de la chaîne russe RT, Margarita Simonian. S’y ajoutent le site indien OpIndia, l’organisation Honest Reporting et, au Burkina Faso, le Bataillon d’intervention rapide de la communication (BIR-C).

👉Découvrir la liste 

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