Publié le 28 mai 2026, le rapport se présente comme une plongée dans les rouages d’un univers souvent méconnu du grand public. À travers une enquête fouillée, l’ONG s'attache à décrypter les mécanismes de représentation, les réseaux d'influence et les rapports de force qui façonnent aujourd'hui la pêche française. Son objectif : rendre visibles ceux qui, dans l'ombre des ports et des navires, participent aux décisions qui engagent l'avenir des océans, des pêcheurs et des ressources halieutiques.
L'un des constats les plus marquants du rapport concerne la représentation au sein du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), l'instance qui participe à l'élaboration de nombreuses règles du secteur. BLOOM analyse que les navires de plus de 24 mètres, qui représentent environ 3 % de la flotte française, disposent de 25 % des sièges au sein du Comité national. À l'inverse, les navires de moins de 12 mètres, qui constituent 84 % de la flotte, n'occupent que 14 % des sièges.
L'association estime également que depuis 2011, la concentration des pouvoirs s'est accélérée et qu'une majorité des sièges échappe désormais au vote direct des pêcheurs. Selon ses auteurs, cette évolution a favorisé l'émergence d'un système de gouvernance bénéficiant principalement aux intérêts des plus grands armements.

Au-delà des statistiques, le rapport propose une vaste cartographie des acteurs clés de la pêche industrielle française. Dirigeants d'armements, responsables professionnels, organisations de producteurs et représentants institutionnels y apparaissent reliés par de multiples mandats et fonctions. L'objectif affiché par BLOOM est de rendre lisibles les mécanismes d'influence qui structurent les décisions relatives aux quotas, aux licences de pêche et à la réglementation du secteur.
Cette enquête s'inscrit dans la continuité de précédents travaux menés par l'association sur l'influence de grands groupes industriels, notamment les « Big Five » néerlandais, dont BLOOM dénonce depuis plusieurs années le poids économique et politique dans la pêche européenne.

Pour celles et ceux qui souhaitent prolonger la réflexion sous un format plus accessible, BLOOM met également à disposition gratuitement la bande dessinée Fraude qui peut !, réalisée par Sébastien Girard. Publiée en 2022 et disponible en libre accès en deux tomes (Tome 1 - Tome 2), cette enquête dessinée retrace l'un des combats les plus emblématiques menés par l'association : la lutte contre la pêche électrique en Europe.
Mêlant investigation journalistique, humour et pédagogie, l'ouvrage raconte comment certains acteurs industriels et leurs relais d'influence ont tenté de défendre cette technique de pêche controversée malgré les alertes de nombreux scientifiques et pêcheurs artisans. Au fil des pages, le lecteur découvre les mécanismes de lobbying, les batailles politiques menées à Bruxelles et les stratégies déployées pour peser sur les décisions publiques.
Bien plus qu'un simple récit militant, Fraude qui peut ! offre un éclairage concret sur les rapports de force qui traversent le secteur de la pêche. Une lecture particulièrement pertinente à l'heure où le rapport Les oligarques de la mer invite à s'interroger sur la concentration du pouvoir au sein de la gouvernance des pêches françaises. Accessible gratuitement en ligne, cette BD constitue une excellente porte d'entrée pour comprendre les enjeux démocratiques, économiques et environnementaux qui se jouent derrière la gestion des ressources marines.

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