On observe effectivement une augmentation du nombre d’échouages de baleines signalés sur les côtes françaises, mais ces données doivent être interprétées avec prudence. Cette hausse est en partie liée à une meilleure surveillance du littoral et à l’implication de réseaux comme le Réseau National Échouages. Elle reflète également des pressions accrues sur les mammifères marins en raison de l’augmentation des activités humaines en mer, comme le trafic maritime. En France métropolitaine, plusieurs centaines d’échouages de cétacés sont recensés chaque année, toutes espèces confondues, avec une forte variabilité annuelle.
Les principales causes de mortalité des rorquals communs sont les collisions avec les navires, la pollution sonore sous-marine, les enchevêtrements dans du matériel de pêche, la pollution chimique et l’ingestion de déchets plastiques (en particulier les micros et nano-plastiques qui en résultent sont soupçonnés de constituer un danger majeur pour les rorquals communs en raison de leur tendance à s’accumuler dans l’estomac de ces animaux dont l’espérance de vie est longue), ainsi que la dégradation de l’habitat et la raréfaction de sa nourriture liées au changement climatique.
Les rorquals communs sont également chassés dans le cadre de la chasse commerciale à la baleine, encore pratiquée par deux pays en Europe, l’Islande et la Norvège.
À l’échelle mondiale, le nombre de navires et la vitesse à laquelle ils peuvent se déplacer ont augmenté au cours des dernières décennies, ce qui signifie un risque accru de collision avec des navires et de blessures aux baleines, en particulier là où les activités de transport maritime chevauchent l’habitat critique des baleines. C’est notamment un problème particulièrement important pour les petites populations de baleines isolées et en voie de disparition.
Les collisions avec des navires sont considérées comme un problème dit « invisible » car de nombreux marins ne connaissent pas les exigences en matière de déclaration des collisions avec des navires et, dans denombreux cas, les collisions avec des navires peuvent passer inaperçues (même un animal aussi gros qu’une baleine est insignifiant face à un cargo de 300mètres).
Les solutions les plus efficaces pour réduire le risque de collision avec les baleines sont de séparer les navires et les baleines via des mesures de déroutement des navires, c’est-à-dire modifier les itinéraires de navigation pour éviter les habitats connus de populations de baleines, et de réduire la vitesse des navires, ce qui limite considérablement le risque de collision, ainsi que la probabilité que cette collision soit mortelle. Une réduction de 10% de la vitesse permet ainsi de réduire le risque de collisions de 50% (source).
C’est notamment cette solution qu’IFAW travaille à mettre en place avec sa campagne des Vitesses Bleues pour le transport maritime, qui appelle à la mise en place d’une réglementation contraignante pour réduire la vitesse des navires au sein des eaux européennes.
Le bruit sous-marin généré par les activités humaines en mer, et principalement par le trafic maritime, a des effets néfastes sur les baleines, mais il affecte également d'autres espèces marines, car le son est leprincipal indice sur lequel s'appuie une grande variété d'animaux marins, non seulement les cétacés, mais aussi le plancton, les poissons, les crustacés ou même les tortues de mer.
Le son est essentiel pour leur permettre de communiquer entre eux, de trouver de la nourriture, de se reproduire et d’échapper aux prédateurs. La pollution sonore sous-marine est une pression invisible mais majeure, qui affecte l’ensemble de la faune (et même de la flore) marine ; celle-ci leur cause du stress, les chasse de leurs habitats, perturbe leur communication et leur reproduction et, dans le pire des cas, peut entraîner des blessures physiques, voire la mort.
Précédemment classé « en danger » sur la liste rouge de l’UICN, le statut actuel du rorqual commun est « vulnérable » à l’échelle mondiale.
En Atlantique Nord-Est, la population s’est partiellement reconstituée après l’arrêt de la chasse commerciale, mais elle reste fragile en raison des diverses pressions anthropiques. L’espèce est régulièrement observée dans les eaux françaises, notamment dans le golfe de Gascogne et en Méditerranée, mais les effectifs restent difficiles à estimer précisément.
Afin de mieux protéger les baleines, il est essentiel que les autorités publiques mettent en place des réductions obligatoires de vitesse des navires dans les zones sensibles, notamment au sein des aires marines protégées, et réduisent au maximum la pression des activités humaines au sein des habitats critiques pour ces animaux (encadrement renforcé des activités bruyantes – utilisation de sonars, prospections sismiques).
©JV Boulay - PELAGIS