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Localiser les baleines en temps réel : des technologies en test en Méditerranée, avec WWF France
Réduire les collisions entre navires et grands cétacés est devenu un enjeu majeur en Méditerranée, l’une des zones maritimes les plus fréquentées au monde. Chez certaines espèces comme le rorqual commun, ces collisions représenteraient plus d’un décès sur cinq. Dans ce contexte, WWF France accompagne le développement d’innovations technologiques destinées à mieux détecter la présence des animaux et éviter les accidents.
June 5, 2026
Rédigé par
Hélène Lecomte

Des collisions toujours fréquentes en Méditerranée

Dans le sanctuaire Pelagos, qui s’étend entre la France, l’Italie et Monaco, les collisions avec les navires sont la première cause de mortalité non naturelle des grands cétacés, indique l'ONG WWF.

Sanctuaire Pelagos ©Wikipedia France

Rorquals communs et cachalots sont particulièrement exposés, en raison de leur comportement en surface et de la densité du trafic maritime. Face à ce constat, différents dispositifs sont développés depuis les années 2000pour limiter les risques : systèmes de signalement collaboratif, recommandations de navigation ou encore ajustements de routes maritimes.

La rorqual Flucker, décédée en 2020suite à une collision avec un navire entraînant la perte de sa nageoire caudale. ©WWF

REPCET : une première réponse basée sur l’observation humaine

Le 1er système opérationnel déployé dans cette logique est REPCET(« Repérage en temps réel des cétacés »). Déployé à partir de 2010 en Méditerranée, et notamment dans le sanctuaire Pelagos, il permet aux navires équipés de signaler les observations de cétacés en mer. Ces informations sont ensuite partagées avec les autres bateaux afin d’adapter leur trajectoire.

Ce système a été développé par l’association française Souffleurs d’écume et la société française CHRYSAR. Promu par le WWF, il a été rendu obligatoire (ou tout autre équivalent) pour les navires battant pavillon français depuis le 1er juillet 2017.

Reposant sur l’observation humaine, il reste toutefois dépendant des conditions de visibilité et de la présence d’observateurs à bord, ce qui limite son efficacité, notamment de nuit ou par mauvaise météo.

Vers des systèmes automatisés de détection acoustique, avec WWF France

"Le progrès des connaissances et des technologies en acoustique permet d’envisager le développement d’un système de détection et de localisation automatique, sans intervention humaine. Les technologies existent, nous avons testé les algorithmes et une version préliminaire des bouées en 2018. Reste à tout assembler, à tester sur le terrain et à améliorer pour proposer un prototype quasi opérationnel. » indique WWF France

Pour dépasser ces limites, l’ONGWWF France travaille depuis 2018 avec plusieurs partenaires scientifiques et techniques, dont la société finistérienne Quiet-Oceans, spécialisée dans la gestion du bruit sous-marin.

L’objectif est de développer des systèmes basés sur l’acoustique passive, capables de détecter automatiquement les vocalisations des grands cétacés et de localiser leur présence sans observation visuelle directe.

Ces travaux visent à fournir une information en temps réel aux navires, notamment dans les zones les plus exposées au risque de collision.

Ils s’inscrivent dans le cadre plus large du programme STOPCOLLISION, porté par WWF France, qui cherche à réduire les interactions entre navires et cétacés en combinant plusieurs leviers : observation scientifique, outils de signalement, encadrement des pratiques de navigation et innovation technologique.

Un dispositif encore en développement

Ces technologies, en phase de développement, n’ont pas vocation à se subsister aux dispositifs existants, mais à les compléter.

La réduction des collisions repose en effet sur une combinaison de leviers complémentaires : suivi scientifique des populations, systèmes de signalement collaboratif, encadrement des routes et des vitesses des navires, ainsi que développement de technologies de détection.

Dans ce contexte, le WWF souligne également que les avancées réglementaires sont déterminantes :

"L'enjeu juridique a été gagné à la mi-décembre 2022 avec la validation par l’Organisation Maritime Internationale de la création d’une “Zone Maritime Particulièrement Vulnérable”, le seul outil juridique qui permette, à ce jour, de contraindre le trafic maritime international à des mesures environnementales. Mais ce n’est qu’une première étape, il faut maintenant doter ce cadre juridique de mesures réglementaires susceptibles de limiter efficacement les collisions et cela va demander encore quelques efforts en parallèle à la finalisation d’un système anticollision opérationnel. » indique WWF France
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